C’est l’un des parcs emblématiques de la Rive Gauche, et l’un des préférés des parisiens. A quelques encâblures du Lutetia, le jardin du Luxembourg a pourtant des racines… italiennes, si l’on peut dire, puisqu’il fut voulu par la reine Marie de Médicis, veuve d’Henri IV.

Lorsqu’elle fait l’acquisition du domaine en 1612, autrefois propriété du duc de Luxembourg, d’où son nom, la régente ordonne la construction d’un palais digne de son rang, inspiré du "palazzo Pitti" à Florence. Il faut un parc à ce palais : ce sera le jardin du Luxembourg. On retrouve dans l'aménagement harmonieux de ses parterres et de son allée centrale l’art du jardin à la française, et dans ses fontaines et statues le romantisme échevelé du baroque italien. Réminiscence d’une enfance florentine où la souveraine trompait sa solitude en parcourant les splendides jardins de Bobolì, attenants au palazzo Pitti… qui sait ?

Le saviez-vous ? Le jardin du Luxembourg connût également des heures sombres. Pendant la Révolution Française, changement radical d’ambiance : le palais devient une prison et accueille environ huit cents détenus. Parmi les hôtes célèbres, on compte Danton, Desmoulins, Fabre d’Eglantine et le peintre David, chef de file du mouvement néo-classique. Laissé à l’abandon, le jardin redevient jungle et n’accueille plus que les familles des détenus, venus s’enquérir du sort de leur proche.

Ce triste épisode n’est plus qu’un souvenir lointain lorsque Napoléon 1er décide de faire du jardin du Luxembourg le royaume des enfants. On y construit alors les kiosques et jeux qui ont fait les délices de plusieurs générations de parisiens, sans oublier les voitures à chèvres. Plus tard, on y installe des ruches et une école d’apiculture (où vous pouvez aujourd’hui encore vous initier au monde fascinant des abeilles), et des serres qui servent à la fois à produire les fleurs destinées aux massifs et à la conservation d’un patrimoine horticole.

Aujourd’hui, ce sont d’infatigables poneys caressés par des milliers de petites mains chaque année qui tiennent compagnie à Guignol et aux joueurs d’échec aux mines concentrées, tandis que retentit le bruit caractéristique des balles de tennis sur les courts adjacents. On y voit des grands-pères émus emmener leurs petits-enfants faire glisser des bateaux sur le bassin central comme eux autrefois, des lycéens s’égailler sur les pelouses comme des oiseaux, des dames à la mise respectable s’offrir une glace l’air malicieux, tandis que les touristes se perdent dans le chatoiement de ses parterres, au printemps venu. Ses emblématiques chaises vertes, autrefois louées 20 sous, sont désormais gratuites et accessibles à tous.

Et vous, avez-vous succombé au charme du « Luco », comme le surnomment affectueusement les parisiens ?

Crédit photo : La Fiancee du Panda